Vent de Vérité

Association Loi 1901

6, Le Montcel, 77510 VERDELOT

Courriel: vent.de.verite@gmail.com

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Les Hameaux

légion

Cette page est dédiée aux habitants des hameaux des plateaux nord et sud du petit Morin. Les projets éoliens de Bellot et de Verdelot sont un parfait exemple de la dépréciation des hameaux des plateaux pour un profit immédiat pour les bourgs de la vallée. Le fameux discours disant « je suis pour mais pas chez moi » s’applique parfaitement à la géographie de nos communes. Les élus vivent en majorité dans la vallée et donc ils ont beaucoup moins de scrupules à défigurer une partie de la commune du fait qu’ils ne vivront pas directement avec ces monstres. On se donne bonne conscience en avançant des arguments scabreux tels que la diminution des gaz à effets de serre ou la taxe professionnelle qui permettra d’améliorer l’ordinaire de la cantine de l’école, etc.  Cela devient risible quand certains élus vous culpabilisent à tort sur la protection de l’environnement alors que ceux-ci épandent des pesticides à tour de bras sur leurs terres. On sacrifie une partie du patrimoine de la commune à ces promoteurs vénaux qui vendent du vent. Et puis c’est facile pour ces élus qui vous font la morale : « vous savez, monsieur qu’il faut lutter contre le réchauffement climatique et puis on a besoin de la TP pour réparer la toiture de la salle des fêtes ou agrandir le tennis des bling-bling de la région. ». « Il faut être citoyen, monsieur, c’est l’avenir de la commune de vous implanter une zone industrielle sous vos fenêtre et de détruite votre patrimoine et votre environnement rural ». Autant d’argument motivés par l’appât du gain et qui ne tient pas compte de la vie des hameaux et surtout qui ne respecte pas les gens qui ont choisi de faire leur vie sur le plateau, qui aiment y vivre et qui participe par leur foi en leur cadre de vie à la prospérité de la région. Notre région est riche de son patrimoine, des agriculteurs qui font vivre cette terre, des hameaux pittoresques, de la faune qui la peuple.

Sacrifier une partie de la région va créer un effet pervers que les élus n’ont pas pris en compte dans la précipitation d’engranger de la TP. Dévaluer un secteur aura une influence sur la vallée. Les biens de la vallée seront mis en concurrence sur le marché avec les biens sacrifiés du plateau.

Dévaluation = Récession, et la TP n’y pourra rien, quand une région est en crise, ce n’est pas ces promoteurs allemand ou danois qui vont s’impliquer. Et puis encore une fois, nos élus n’ont pas pris en compte le démantèlement en fin de vie ou en fin d’exploitation rentable de ces machines. Un démantèlement de cette ampleur n’est pas réaliste avec la capacité financière de ces promoteurs et encore moins avec celles des communes rurales. Nos élus nous imposent une zone industrielle qui ne génère aucun emploi sur le plateau ni dans la région. Peut être dans la Ruhr mais pas dans la Brie ! Donc tous ces gens qui avaient choisi un cadre de vie rural et qui sont soumis à des trajets fastidieux pour travailler sont floués. C’est une imposture écologique, ce sont les centrales thermiques qui se substituent à ces engins quand le vent ne donne pas assez ou trop. C’est une imposture financière, cette énergie est subventionnée par EDF et donc l'argent des clients d'EDF. Cette imposture va détruire notre cadre de vie et surtout défigurer l’une des dernières vallées préservées d’Ile de France. Une vallée existe parce qu’elle est bordée de plateaux qui sont l’environnement et l’équilibre de celle-ci.

 

Témoignage d’une habitante de Doucy montrant une grande richesse faunistique du plateau contrairement à ce que les promoteurs éoliens espèrent nous faire croire.

 

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Lorsque mon mari et moi avons décidé de venir vivre à Doucy (hameau de la commune de Bellot), une chose a été décisive pour moi : le milieu naturel et agricole du site. Nous avons visité notre maison en septembre, je suis revenue plusieurs fois avant la signature car j’étais trop impatiente pour attendre la date de signature. Les saisons passent et je ne voulais rien rater. Dès cette période j’ai aperçu des vols d’oiseaux migrateurs et autres merveilles de la nature que nous offre le plateau des deux Morins. Depuis que nous avons appris ce projet fou d’implantation d’éoliennes en plein milieu de notre si beau paysage, je n’arrête pas de me poser des questions à propos du devenir de ce milieu naturel. En effet, les études semblent avoir démontré que j’avais eu une hallucination, qu’il n’y avait en réalité pas de couloir migratoire … donc pas d’oiseaux migrateurs en nombre suffisant pour être considérés comme en danger. Mais voilà, je n’ai pas la berlue, je ne suis pas seule à voir que le plateau héberge, nourrit une faune variée et conséquente. Et ces derniers jours même mon appareil photo en a été convaincu. Alors puisque ce ne sont pas les études faunistiques qui vous permettront de vous réjouir du spectacle, je vous propose quelques clichés de Palombes pris sur le plateau des deux Morins entre Doucy, le Buisson, La Farrière et Saint Barthélémy les 27 et 30 octobre 2008. Il n’y a aucun trucage, seuls les oiseaux ont décidé de leur plan de vol. Mais le pourront-ils encore longtemps ? Espérons que oui !

Catherine de Zertucha

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Eoliennes et Paysage
par Claude PARENT
Membre de la section d’Architecture

L’introduction dans le paysage de ces machines à vent le modifie profondément en termes d’occupation de l’espace. Jusqu’à nos jours, de mémoire d’homme, les éléments architecturaux dominants sur un site étaient le château fort, l’édifice religieux, le palais…Plus récemment le silo, le hangar, l’usine nucléaire et le barrage hydraulique se sont ajoutés à la liste. Ces bâtiments, de par leur taille et la nature architecturale qu’ils exprimaient, de par leur qualité intrinsèque, prétendaient à singulariser le lieu, à le finaliser en lui conférant une identité. Structurant le paysage d’origine, ils entraient sans violence dans la mémoire collective du site. La population faisait sien le clocher du village et le château de son prince ou le monastère et plus tard la mairie. Et même souvent, l’architecture dominante servait à dénommer l’endroit. Mais jamais, malgré l’introduction en milieu rural ou urbain de ces projets qui se différenciaient nettement des habitations ou des chaumières environnantes par leur force expressive et leur caractère, jamais cette architecture ne pratiquait le hors d'échelle par des dimensions excessives vis-à-vis du paysage existant, jamais elle n’encombrait le site de façon outrancière et scandaleuse. En plaine, le clocher le plus haut n’est qu’une simple flèche signalant le village, en montagne le barrage fermant la vallée respecte la ligne d’horizon et un château fort ne fait que prolonger le mouvement du pic rocheux sur lequel il s’assied.
Il existe un respect mutuel entre le relief et l’architecture, il se noue une connivence entre la nature et le construit. Certes toutes ces constructions des hommes s’emparent du sol et l’occupent mais jamais elles ne s’attaquent au ciel qui le recouvre. Pour, ne serait-ce que l’égratigner, les pylônes des lignes à haute tension jouent de la transparence et s’efforcent à une silhouette arachnéenne. Or malgré cela, sous la pression populaire, elles vont peu à peu disparaître. Notre tradition dans le monde occidental est de convaincre l’architecture, aussi singulière et insolite soit-elle, de s’associer au paysage en respectant son échelle et ce, même si elle s’efforce au contraste le plus dur et le plus violent. Ainsi l’architecture parvient-elle par une savante alchimie à créer le "nouvel état du lieu" si cher à l’architecte américain Frank Llyod Wright. Et pour se faire, elle ne peut en aucun cas, par des dimensions hors du commun comme par une forme répulsive, s’attaquer à son ciel, l’occuper abusivement, le conquérir en inscrivant sur lui les signes insupportables d’un graphisme outrecuidant : un rejet instantané s’ensuivrait. Dans cet interdit absolu réside la dernière chance d’épanouir la sensibilité humaine. Par voie de conséquence directe, l’absolue nécessité du sensible, la recherche de conditions favorables à son développement dans toute l’activité des hommes sur notre planète, s’opposent donc de façon véhémente à la présence dominatrice des éoliennes dans nos paysages.
Les principales raisons de cette exclusion sont :
Une forme d’expression essentiellement mécanique étrangère au contexte paysager. Une dimension hors d’échelle par rapport à la végétation et à la construction en place. Une agression de la géométrie qui morcelle et compartimente le ciel en niant la plénitude du vide de l’espace. Une insertion esthétique exaltant l’objet à l’encontre de la continuité du paysage qu’il détruit dans sa répétitivité. Bref une certitude de pollution visuelle généralisée, pollution confirmée par l’extraordinaire dissémination des éoliennes. On ne parle plus de quelques exemplaires isolés dans des endroits aptes à les recevoir, mais – sans rire – de bouquets d’éoliennes, de champs d’éoliennes là où on ne peut voir qu’épandages industriels en quadrillage régulier sur des milliers d’hectares et ce sur les rivages des océans, les replis d’un alignement de collines, les grandes plaines céréalières ; tout cela s’agite de façon obsédante et vrombissante dans un ronronnement continu. Bientôt, assis sur une plage de la Manche, on ne verra se coucher le soleil que dans l’intervalle de ces immenses rotors, sans jamais plus distinguer le bruit des vagues et de leur ressac. Bientôt, en ouvrant les volets sur le spectacle enchanteur d’une colline de Provence s’inscrira, dans le rectangle de la fenêtre, une gigantesque machine de deux cents mètres de hauteur dont le bruit des pales fera taire les cigales. Quand verrons-nous le ciel de la Corse si sauvage et si jalouse de son identité, découpé par ces mécaniques géantes ? Il y a toujours du vent dans cette île. Il y aurait un bon rendement sur ses collines ! Cette beauté que ni les promoteurs, ni le tourisme ne sont arrivés à massacrer, cette beauté rare, les bons apôtres de l’ingénierie écologique la détruiront en dix ans. Et pour quel bénéfice ? Les quelques pièces de monnaie d’un marché de dupes. Tout le monde le sait. Mais tout le monde le cache ou s’efforce de l’ignorer ; il s’agit là d’un jeu bien plus important que celui de quelques modestes kilowatts verts à récolter. Il s’agit du pouvoir, il s’agit d’inscrire dans le ciel les signes les plus visibles possibles de la puissance de l’économie, ce nouveau dieu du troisième millénaire.
Dans les temps les plus anciens, en effet, les divinités inspiraient les constructions hors normes. A leur service, en leur honneur furent bâtis le Parthénon et les cathédrales qui écrasaient les maisons et les masures mais glorifiaient la suprématie divine. Le symbole était sacré. Le hors d’échelle cependant très localisé portait en lui l’espérance et la foi d’un peuple entier. Il était légitimé. Aujourd’hui le Dieu dollar, par des tours plus extravagantes les unes que les autres, a détruit gaillardement le milieu urbain ; les architectes domptés s’inclinent en rivalisant d’esthétique pour inscrire le fric dans le ciel de nos villes. La guerre de l’urbain est perdue. C’est à la génération qui vient de refuser que s’implante en milieu rural, préservé jusque là, ces machines tournantes géantes qui défient l’horizon, encombrent le ciel, s’attaquent à la notion même du vide pour inscrire de la façon la plus totalitaire qui soit le signe impératif du mariage de la technologie et de l’économie. Mon Dieu, que nos dieux se sont vulgarisés tout d’un coup. Pourtant nous sommes avertis, on a su l’échec de Babel, on connaît le culte du Veau d’or. Il nous reste ce ciel encore vide au dessus de nos têtes. Les avions ne font que le traverser, les satellites aussitôt lancés le quittent, gardons-le libre encore, libre de ces éoliennes qui nous sont tellement étrangères et qui, une fois leur mauvais coup fait, deviendront inutiles. Ne faisons pas confiance à l’économie triomphante pour nettoyer les traces de ces délits. Elle nous abandonnera ces carcasses géantes pour crime d’obsolescence et d’absence de profit. Que pourra-t-on faire sinon d’en dépolluer le paysage.

http://www.academie-des-beaux-arts.fr/actualites/2007/eoliennes/partie5.asp 

 


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